Vous ètes malade?
Un article de Gilles DONGUY

A cette question quelque peu anxiogène, j’espère bien sûr que la réponse est non…Mais il nous arrive tous de « tomber » malade. Nous envisageons ici le cas d’une maladie aigue : problème ORL, gastro-entérite, diarrhée, poussée d’eczéma…etc. Les questions sont : Pourquoi ce couac? Comment le gérer? Pour illustrer mon propos, nous allons prendre l’exemple de Jean, « tombé » malade juste avant de partir en vacances…
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Le cas de Jean
Deux ou trois jours avant de partir en vacances au bord de la méditérranée, Jean, après une nuit à expectorer des mucosités blanches, est affligé d’un mal de gorge persistant. Pas de fièvre, pas vraiment fatigué, bref juste une gêne tenace et des raclements de gorge.
Bien que consultant et enseignant dans le domaine des Médecines naturelles, il décide de consulter (avant son départ donc) pour écarter le cas d’une angine, qui mal traitée pourrait être délétère. Ok pas d’angine, mais des corticoides à la clé, et ce à deux reprises…
Cela contrarie d’autant plus Jean que depuis près de 2 ans, il n’a quasi pas été malade, se faisant fort de ne pas être le cordonnier mal chaussé…(cela dit, même les médecins tombent malades!)
<Digression 1 > Quelque soit votre problème de santé aigu, en cas de doute il faut bien sûr consulter. Votre médecin connait les pathologies, il est qualifié pour arbitrer entre les symptômes graves ou bénins. Les médecines naturelles viennent en complément, à l’instar de ce qui est proposé en Médecine intégrative.
Bref, Jean part en vacances, mais pas dans les meilleures conditions!
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Un peu plus d’une semaine entre deux eaux
Alors soyons clairs, les vacances en question sont assez énergivores, simplifions :
- Stress de la route (plus de 6 heures de conduite, bouchons…)
- Enchainement d’activités de visite, ballades, etc.
- Dans un contexte de chaleur persistante
- Veillées avec les amis (Jean est parti avec une personne proche)
- Repas du midi et du soir plus copieux qu’à l’accoutumé
- Sommeil limité
- Surpopulation estivale
- Contexte peu favorable pour la mise en peuvre de techniques naturelles (nous en parlons plus loin)
Bref, les vacances, mais pas vraiment du repos, simplement l’envie d’en profiter tout azimut, c’est l’été!
Et du coup pour le problème ORL ? Ni aggravation nette, ni amélioration. Mais une toile de fond pénible, avec ces toux, mouchages, raclements de gorge, éternuements…Sans compter les corticoides, qui ont sur Jean, de nature déjà Yang, un effet excitant pas toujours de bon aloi.
De retour au bercail, Jean met en place quelques mesures hygiéno-diététiques et de soins naturels (impensables pendant ses vacances!), et tout rentre dans l’ordre progressivement. Nous en reparlerons plus loin.
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Analyse
Les symptômes de Jean correspondent typiquement à une maladie d’élimination, (concept que l’on retrouve chez le Dr Seignalet auteur du livre « L’alimentation ou la troisième médecine »), A manifestation centrifuge. Les expectorations et mouchages permettent d’éliminer déchets, impuretés, agents biologiques divers le cas échéant, etc. Le corps tolère un certain niveau d’accumulation de toxines physiques et/ou émotionnelles, jusqu’à ce qu’il déclenche une crise pour éliminer, notamment à l’occasion d’un lâcher-prise. A noter qu’un autre cas de figure peut interférer en parallèle : à l’occasion d’une baisse de vitalité (fatigue, surmenage), l’organisme devient plus vulnérable aux agents infectieux ou irritants.
<Digression 2> Si vous avez des mucosités, il faut les expectorer le plus possible, ce n’est pas très glamour (pour reprendre une expression à la mode), mais les avaler est contre-productif. Donc raclez, crachez (dans un mouchoir, et/ou discrètement si possible), moucher…
<Digression 3> Les mucosités peuvent être fluides (plus faciles à éliminer) ou collantes, blanches (affection plutôt virale ou irritation) ou jaunes (affection plutôt bactérienne)
<Digression 4> Cette notion de mucosité s’incrit dans un cadre plus vaste et fondamental tant en Médecine chinoise (c’est la notion de « TAN« ) qu’en Naturopathie (c’est la notion de « Colles« , par rapport aux « Cristaux »).
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Ce qu’il faut faire en pareil cas
Il est clair que les symptômes de Jean ne pouvaient pas s’améliorer franchement, malgré la cortisone.
En effet, en cas de maladie, le corps engage toute son énergie possible pour régler le problème. Or l’énergie ne peut-être mobilisée dans plusieurs directions à la fois avec la même intensité. Donc toute l’energie mobilisée pour les activités vacances (voir plus haut), c’est autant de non disponible pour la guérison.
D’un autre coté, il n’y a pas eu aggravation nette, car malgré tout, il n’y avait pas le stress du « Métro, boulot, dodo », des taches domestiques quotidiennes, conflits divers, etc, que l’on connait en temps normal.
En pareil cas, le maître mot est « Repos »:
<Digression 5> Du point de vue médical, cela suppose un arrêt de travail, le cas échéant, prescrit par le médecin, mais paradoxalement (il y a beaucoup d’arrêt de travail de complaisance ou opportunistes selon la sécu), nous ne sommes plus trop dans cette optique…Le médecin, sauf exception, va-til préciser, et de façon pédagogique, les points ci-dessous?
>>> Repos alité : sieste, dormir beaucoup. S’ennuyer : le cerveau aime l’ennui (avec des limites bien sûr), ce n’est pas mauvais en soi!
>>> Repos physique : ce n’est pas le moment d’aller courrir, de faire de la gym, etc. Une petite marche tranquille le cas échéant de temps en temps.
>>> Repos sensoriel : exit les écrans, la radio, etc, ou à très faible dose.
>>> Repos intellectuel : éviter de lire, ou à tout le moins la lectures d’ouvrages complexes. Remettre à plus tards ses comptes, ses réflexions fievreuses sur divers projets, etc.
>>> Repos emotionnel : eviter (si possible, on ne maitrise pas tout!) les conflits, reporter toute discussion potentiellement polémique à plus tard, etc.
>>> Repos thermique : se réfugier autant que faire se peut dans un environnement confortable du point de vue thermique (fuir la Chaleur et le Froid excessifs)
>>> Repos digestif : diète hydrique ou ne manger qu’à sa faim (le manque d’appétit est un signal du corps!)
Et en l’occurence ici, lavages de nez (lota eau salée et soufrée), ventouses, etc. Jusqu’à ce que les symptômes disparaissent et que vous sentiez l’énergie revenir.
<Digression 6> Cela montre, comme le disait Robert Masson, que la Naturopathie est une médecine « dure » (et non pas « douce » comme on aime à la présenter), car il est plus exigeant de mettre en oeuvre ses principes que de tout miser sur les médocs pour refouler les symptômes…
Pour conclure : si vous « tomber » malade, réfléchissez (mais pas trop!) à votre couac et son origine profonde, et agissez (mais pas trop justement!)
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Gilles DONGUY