Une interview du Prof. Grégoire Jauvais à propos de son livre « Que manger… »

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Une interview du professeur G. JAUVAIS réalisée par Gille DONGUY. <Section Flash’livre>

Que manger pour être en bonne santé, mince et rester jeune

A l’occasion de la sortie de son livre « Que manger pour être en bonne santé, mince et rester jeune », préfacé par le Pr. Henri Canal, le Professeur Grégoire Jauvais, qui compte parmi les grands chefs de file de la Naturopathie Française orthodoxe, m’a accordé une interview. Ça tombe bien j’adore posé des questions!

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G. Donguy

Dans cet ouvrage, « Que manger pour être en bonne santé, mince et rester jeune », vous dénoncez le galvaudage des termes « Diététique » et « Nutrition » par les instances officielles ou les médias, et remettez les pendules à l’heure sur une des techniques phares de la Naturopathie, à savoir la Bromatologie. Pouvez-vous expliquer brièvement ce qu’est la Bromatologie ?

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Prof. Jauvais

La bromatologie est tout simplement la science et l’art de l’alimentation spécifique et naturelle, c’est-à-dire propre à l’organisation digestive et émonctorielle d’une espèce donnée. Exemple : l’herbe pour l’herbivore, la viande pour le carnivore, le fruit pour le frugivore, la céréale pour le granivore…

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G. Donguy

Quelle est l’alimentation idéale de l’homme ? C’est une question à laquelle vous apportez une réponse très détaillée dans votre ouvrage. Vous insistez, entre autres,   sur la primauté du « cru »,  et des fruits juteux, secs ou oléagineux,  dans le respect de la « Naturalité » de l’aliment. Vous relativisez cependant cette primauté en fonction du climat, de la constitution de la personne, etc. Les Hygiénistes  « purs et durs » dont le chef de file est Albert MOSSERI en France, tiennent aussi ce discours.En quoi vous distinguez-vous des Hygiénistes ?

 

Prof. Jauvais

L’Homme est un anthropoïde, un singe des cités. Il est, anatomiquement et physiologiquement, organisé comme ses cousins les grands singes des forêts, qui sont, aussi, des anthropoïdes. Il devrait, donc, logiquement, se nutrir comme eux, d’aliments à la fois spécifiques et naturels, crus.

Mais, attention, la Naturalité de l’aliment ne suffit pas pour faire de la santé. Elle doit être basée, avant tout, sur la Spécificité, qui est, encore, plus importante mais, hélas, encore trop méconnus du grand public et surtout des Diététiciens et Nutritionnistes classiques, dits officiels. Naturalité et Spécificité vont de pair. Ils ne font qu’un et sont indissociables.

Il vaut mieux consommer un aliment spécifique même s’il est dénaturé (cuit) que de consommer un aliment naturel (cru) mais anti-spécifique, bien plus dévitalisant.

Affirmer que l’Homme est un anthropoïde (ce qui est biologiquement  vrai) et  un omnivore, un mangeur de tout et de tout à la fois, cru et cuit (ce qui est biologiquement faux), est une contradiction scientifique, donc pure folie, qui conduit l’Homme aux diverses pathologies non accidentelles qui ravagent de plus en plus le monde entier en devenant de plus en plus graves.

Les Hygiénistes, type sheltoniens, et les vrais Naturopathes psycho-biologistes, qui sortent de notre Université, ont la même notion d’unicité morbide mais pas la même notion d’unicité thérapeutique.

Pour les premiers, l’action thérapeutique doit être pure et dure, laisser faire la Nature, ce qui est possible en milieu constamment ensoleillé, sans avoir besoin de s’habiller, de travailler, de se faire du souci, alors que pour les Naturopathes psycho-biologistes l’action thérapeutique doit être adaptée aux tempéraments, à l’hérédité, à l’âge, au degré de vitalité de chaque « malade », également adaptée à son milieu social, familial, à la pénibilité de sa profession et au climat, chaud ou froid, dans lequel il vit habituellement. L’action thérapeutique, psychorganique, du vrai Naturopathe est, donc, plus souple que celle des Hygiénistes en question. Elle consiste à aider la Nature (la force vitale intrinsèque, homéostasique, auto-guérisseuse) dans le sens qui est le sien (selon la loi vitale). Elle est plus médicale tout en étant vitalement aussi hygiénique.

 

G. Donguy

Toute proportion gardée, on trouve certains points  communs entre la Bromatologie Naturopathique que vous défendez et le régime dit « Paléolithique » : produits sains, fruits, légumes, exclusions des céréales à  Gluten et modération sur les autres farineux (pour éviter de tomber dans l’amidonisme et l’excès de charge glycémique), protéines animales de qualité crues ou cuites à minima…Sur ce dernier point vous divergez quant aux quantités et/ou fréquence d’apport et à la cuisson. Pourtant il semble que de nombreuses personnes se soient trouvées bien de suivre une telle alimentation, y compris pour des pathologies lourdes. Quel est votre point de vue ?

 

Prof. Jauvais

L’alimentation paléolithique était valable au paléolithique et convenait aux personnes en bonne santé, qui n’étaient pas intoxiquées comme celles de nos jours par les polluants de l’air, de l’eau, des aliments, des produits dits d’entretien ménager et corporel, par le bruit, le stress induit par notre pseudo-civilisation hyper trépidante et usante (oxydante).

Quand on possède une vitalité de très haut niveau, qu’on déborde d’énergie, on peut se permettre de faire des excès ou des erreurs alimentaires, parce qu’on possède, alors, les moyens neuro-hormonaux d’expulser rapidement les déchets et résidus toxiques qu’ils ou qu’elles induisent dans notre organisme.Mais l’Homme actuel est un sous-vital, par suite des dégénérescences successives qu’il a subies au cours des millénaires, à mesure qu’il s’est sédentarisé, industrialisé et qu’il a de plus en plus artificialisé et pollué et son milieu externe, environnemental, et son milieu interne, humoro-cellulaire.

L’alimentation 100% spécifique et naturelle proposée par les vrais Naturopathes actuels est plus conforme à l’anatomophysiologie digestive et émonctorielle de l’Homme, notion scientifique ignorée au Paléolithique. De plus, elle est adaptée à sa sous-vitalité actuelle et à l’expressivité réactionnelle de sa force vitale face à ses maladies non accidentelles (d’autodéfense organique). Disons qu’elle est plus scientifique qu’à l’époque.

  

G. Donguy

Cet ouvrage est aussi une initiation très complète à la Naturopathie (avec une mise en perspective par rapport à l’homéopathie et l’allopathie), celle que vous appelez la « vraie » Naturopathie, issue de la synthèse de P.V. Marchesseau. Comme je l’expliquai dans l’article « Naturopathie en clair ? », à partir de cette naturopathie orthodoxe, divers courants se sont développés, avec parfois des divergences très marquées, notamment dans le domaine de la bromatologie. Comment expliquez-vous cela ?

 

Prof. Jauvais

Les divergences qui existent en Naturopathie et notamment dans le domaine de la bromatologie résultent d’une méconnaissance, quasi-générale :

a) de l’anatomie-physiologie des grandes espèces animales, donc celle de l’Homme anthropoïde ;

b) du vitalisme et de l’humorisme naturopathiques, le tout basé sur de fausses croyances caractéristiques des notions pseudo-scientifiques de l’omnivorisme, du calorisme, de l’isodynamisme, des rations chimiques et des thérapies anti-symptomatiques et/ou palliatives.

Les Naturopathes français, dans leur immense majorité, sont, en fait, des thérapeutes en herbe, sans véritable formation scientifique, notamment en biologie naturopathique et en psychologie naturopathique, les deux piliers fondamentaux de la vraie Naturopathie dite orthodoxe. Et c’est, hélas, à travers les actions thérapeutiques effectuées par ces thérapeutes que le corps médical juge négativement la Naturopathie, la qualifiant de charlatanisme, ce qui est fort regrettable pour les malades et, même, pour les bien portants qui pourraient en bénéficier.

De plus, ces thérapeutes des médecines dites douces, alternatives, parallèles et autres, sont désunis, refusant d’adhérer au Syndicat National des Hygiénistes et Médecins Naturopathes que j’ai créée au lendemain de la reconnaissance officielle de la Naturopathie par le Parlement Européen, en 1997. Or, c’est l’Union qui fait la force.

Les Chiropractors, les Ostéopathes, les Psychothérapeutes, par exemple, se sont unis dans un Syndicat, le seul organisme de défense professionnel pouvant revendiquer auprès du Gouvernement. Et ils ont obtenu satisfaction. Aujourd’hui ils sont reconnus par l’Etat, contrairement aux  praticiens dits Naturopathes et thérapeutes de même acabit, qui ne le seront jamais à cause de leur penchant trop individualiste et souvent diffamateur pour leurs confrères. En roulant individuellement pour eux-mêmes, dans leur petit coin, non pour la grande cause qu’ils prétendent défendre, ils se portent tort à eux-mêmes. C’est dans l’Union et l’unification d’un enseignement authentique étio-thérapeutique, dépassant les égos mesquins des diverses chapelles, qu’est la vraie force, celle qui force le respect.

 

G. Donguy

En Naturopathie, on est très attaché aux compléments alimentaires d’origine naturelle : Magnésium marin, Pollens, Algues, etc. Vous proposez-vous même des compléments alimentaires dans la gamme NOVA’DYN. Cela dit,  quel est votre avis sur un produit dont on a beaucoup parlé dernièrement, à savoir le « Jus d’Herbe d’Orge » (que l’on fait soi-même ou que l’on trouve en comprimés dans les magasins « bio ») ?

 

Prof. Jauvais

Le jus d’herbe d’orge est un complément alimentaire dès l’instant où il est cru et sans additifs d’aucune sorte, soit ingéré après obtention à la presse ou à la centrifugeuse, soit stabilisé ortho-biologiquement, sans pasteurisation, sans stérilisation, sans upérisation, uniquement soit à l’aide d’huiles essentielles, spécifiques, hydro-solubilisées ortho-biologiquement, soit par lacto-fermentation en anaérobie stricte. Celui que l’on trouve en poudre ou en comprimés dans les magasins dits bio suscite des questions : ce jus a-t-il été déshydraté à basse ou à haute température ? Comment est-il conservé ? Avec quelle substance ? Le fabricant devrait signaler tout cela sur l’étiquette. Quoi qu’il en soit, il sera moins efficace que le jus d’herbe, liquide, bu sur le moment ou stabilisé ortho-biologiquement, la déshydratation ayant pour effet de fermer le circuit ionique, qui est ouvert à l’état liquide (solution). Or, il ne peut y avoir d’ionisation (de transferts bio-énergétiques) sans eau intrinsèque (de structure). L’apport extrinsèque d’eau, au moment où l’on avale ces comprimés, n’ouvre pas le circuit ionique, et leur assimilation est moindre de ce fait, donc moins efficace. Ceci dit, les compléments alimentaires, même crus et ioniques à 100%, ne sont que des aides complémentaires, qui ne doivent pas dispenser d’une correction alimentaire (et mentale du fait que toutes les maladies non accidentelles sont d’origine mentale, somatisées, corporalisées, naturées).

 

Gilles Donguy

Avec la Bromatologie, vous placez très haut également la Psycho-Biologie, le « Penser rectement », que vous détailler dans un autre ouvrage, « La bible du succès ». J’ai un jour entendu cette phrase : « Plutôt que de manger pour être heureux (pour « compenser »), d’abord soyez heureux et ensuite mangez ! » Un état d’Esprit correct peut-il selon vous atténuer les inconvénients d’une alimentation approximative, non strictement « bromatologique » ?

 

Prof. Jauvais

Oui. L’Etre vivant est gouverné par ses croyances imaginatives « émotionnellisées » (vécues émotionnellement, consciemment ou inconsciemment), c’est-à-dire par ses sentiments qui programment à l’endroit ou à l’envers son propre subconscient réactionnel, naturant, somatisant, selon qu’ils sont, respectivement, positifs ou négatifs. Le fait de penser à l’endroit (positivement) induit en lui une production de néguentropie, qui augmente le degré de sa force vitale, alors que le fait de penser à l’envers (négativement) induit en lui une production d’entropie qui diminue le degré de sa force vitale. Plus le degré de la force vitale est élevée (néguentropique) et plus elle est catalytique, assimilatrice et désassimilatrice (vitalisante et épurante) et plus l’Etre vivant rayonne de santé et digère bien, malgré une alimentation peu spécifique et naturelle. Par contre, plus le degré de la force vitale est abaissé (entropique) et moins elle est catalytique, assimilatrice, désassimilatrice (vitalisante, épurante) et plus l’Etre vivant est terne, éteint, sous vital, prédisposé à faire des maladies lésionnelles et dégénératives le conduisant, insidieusement, en phase terminale.

La néguentropie c’est de la lumière biologique (de la luminescence, de la force vitale), alors que l’entropie c’est de la lumière plus ou moins collapsée (de la sous-sous lumière, de la matière, de la morbidité étio-pathogène, voire étio-mortigène).

Ces données, peu ou pas connues du grand public et même des Médecins allopathes et homéopathes sont d’ordre quantique, bio-électro-magnétique.

 

G. Donguy

Vous abordez  la préparation de quelques viandes cuites, en tolérance, mais  votre ouvrage est aussi une véritable mine d’informations pour la préparation d’une foultitude de viandes en vue de les consommer crues, en carpaccio… (Cuissons « à froid » en quelque sorte).  Idem pour les salades et les sauces ! Envisageriez-vous d’illustrer ces recettes en images, voir en vidéo ? Dans le même esprit y aurait-il des ateliers en rapport ?

 

Prof. Jauvais

Je ne sais pas encore si j’aurais le temps de faire ce genre de travail. C’est, en fait, un livre de cuisine, en images, que vous me demandez de réaliser, le cas échéant. Et je n’ai pas d’aides suffisamment compétentes, en la matière, pour faire des ateliers en rapport. Je le regrette sincèrement.

 

G. Donguy

Une dernière question en guise de clin d’oeil… A la belle saison, on voir fleurir  dans les magazines féminins de tous poils les régimes pour mincir, avoir un ventre plat, être belle (ou beau) sur la plage… (Un véritable marronnier, comme disent les journalises). C’est aussi en partie le propos de votre livre : imaginez-vous voir votre approche, somme toute tout à fait moderne, mise en avant dans un de ces magazines ?

 

Prof. Jauvais

J’aimerais bien. Mais, généralement, les rédacteurs de ces articles de minceur et de beauté ne cherchent pas à diffuser des idées nouvelles, instructives, qui relancent l’évolution mentale, mais préfèrent des écrits moins scientifiques, moins barbares, plus légers en quelque sorte, parce que leurs électeurs ne cherchent pas forcément à s’instruire pour se corriger mais à trouver tout simplement des astuces faciles à appliquer à des périodes précises de leur existence

 

Gilles Donguy

 

Et vous lecteur, qu’en pensez vous?

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3 commentaires

  • lina

    bonjour,
    j’aimerais comprendre les différences entre l’approche de Robert Masson et Grégoire Jauvais

    • DONGUY

      Bonjour,
      Pour faire très simple, Grégoire Jauvais défend l’alimentation dite « spécifique », dans la lignée de la Naturopathie orthodoxe de Marchesseau, tandis que Robert Masson réfute cette philosophie et considère que l’être humain est un omnivore.
      Je vous invite à lire leurs ouvrages respectifs pour plus de précisions!
      Bien cordialement,
      Gilles Donguy

  • lina

    http://www.hominides.com/html/dossiers/alimentation-prehistoire-nutrition-prehistorique.php
    Dans ce lien on y décrit l homme comme omnivore, cet article est signé par des spécialistes
    Gilles Delluc
    docteur en Préhistoire, département de Préhistoire du Muséum National d’Histoire Naturelle (Paris), et médecin des hôpitaux avec la collaboration de Brigitte Delluc, docteur en Préhistoire, et de Martine Roques, médecin nutritionniste.

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