Les recettes secrètes de mon Herbaliste

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Une interview de Christophe BERNARD réalisée par Gille DONGUY. <Section Flash’livre>

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Christophe Bernard est un expert des plantes médicinales : certains d’entre-vous le connaissent déjà sans doute via son blog, riche de nombreux conseils sur les plantes et leurs usages (voir en fin d’article). C’est tout naturellement qu’il vient de publier un ouvrage résolument pratique et didactique, au titre sans détours « Les recettes pratiques de mon Herbaliste ». Vous savez mon goût pour poser des questions… : réponses de l’auteur dans cette Interview !

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G. Donguy

Vous avez obtenu un diplôme d’Herbaliste aux USA, à la South-West School of Botanical medicine. Quelle démarche vous a conduit à vous former outre–atlantique ?

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Christophe Bernard

J’ai vécu aux USA pendant environ 15 ans et ceci est une deuxième carrière pour moi. J’étais donc déjà sur place lorsque j’ai décidé d’entreprendre mes études. Le courant herbaliste américain est très riche et comporte de nombreuses écoles, le challenge était donc de choisir un programme qui collait à mes convictions. J’ai suivi le programme de la SWSBM car il est grandement inspiré du savoir traditionnel des années 1800 et début 1900, combiné avec le génie de Michael Moore, homme qui a laissé une trace indélébile dans l’herbalisme américain aujourd’hui – on l’appelait le Yoda des plantes médicinales. Je me suis ensuite spécialisé avec Matthew Wood, car ses vues énergétiques m’interpellaient beaucoup. Entre temps, j’ai démarré ma pratique, la formation ultime, celle qui est irremplaçable par les études ou par les livres, celle qui nous fait réaliser lors de la rencontre avec le premier client que l’on ne sait en fait pas grand chose…

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G. Donguy (2)

Dans votre livre, vous expliquez comment faire soi-même ses propres  teinture-mères (de plantes fraiches, quasi-fraiches, ou sèches) et selon le type d’alcool dont nous disposons.  Les teintures mères sont justement sur la sellette, en raison d’une règlementation Européenne technocratique qui, sous couvert d’AMM et autres mises en conformités, sont actuellement quasi introuvables en pharmacie…Que pensez-vous de cette mainmise de l’Europe sur cet aspect de la phytothérapie ?

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Christophe Bernard

Je ne suis pas expert dans la réglementation Européenne, qui contient des subtilités qu’il faut bien comprendre avant d’émettre un jugement. Je pense qu’il y a eu beaucoup de bruits non-fondés sur ce qui est autorisé et non-autorisé. J’invite d’ailleurs vos lecteurs à lire l’excellente interview de Maitre Isabelle Robard, l’experte indéniable en la matière, faite par Les cahiers de la bioénergie et accessible gratuitement ici :

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Pour information, on arrive à trouver assez facilement une grande quantité d’alcoolatures de plantes provenant de laboratoires de qualité, certains travaillant avec le label bio, je pense en particulier à Biosimples, Ladrôme, Herbiolys, Phytofrance, etc.

D’une manière générale, je préfère me concentrer sur ce que nous pouvons faire aujourd’hui pour nous sortir de tout carcan afin de reprendre notre santé en main. Elle nous appartient, et nous avons tous les outils nécessaires pour fabriquer nos propres produits, pour cultiver nos propres plantes.

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G. Donguy (3)

Un chapitre est consacré aux cataplasmes. Selon vous, quelle place attribuer à  ces derniers (qui semblent tomber en désuétude…) dans les soins naturels à base de plantes ?

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Christophe Bernard

La plante doit parfois être appliquée d’une manière locale pour dispenser ses vertus à la zone ou l’organe affecté. Nous avons plusieurs méthodes pour réaliser cela, depuis l’infusion appliquée en compresse jusqu’au macérât huileux, à l’onguent et à la crème.

J’aime le cataplasme car c’est la forme la plus simple, utilisant la plante brute, tout droit sortie de terre. On peut l’utiliser à bon escient lorsque l’on a un jardin, en balade ou en camping et que l’on connaît quelques plantes de base comme le plantain lancéolé (Plantago lanceolata), l’achillée millefeuille (Achillea millefolium) ou la consoude (Symphytum officinale). J’explique aussi dans mon livre comment le préparer à partir de la plante sèche.

Pour prendre l’exemple de l’achillée, si vous êtes en camping et que vous vous êtes coupé et que la plaie ne s’arrête pas de saigner, vous pouvez mâcher quelques feuilles d’achillée puis appliquer cette bouillie sur la plaie, la maintenir en place avec une gaze, et répéter l’opération si nécessaire. Le cataplasme est une forme de plus à connaître, une forme pratique qui ne nécessite aucune préparation, si ce n’est de réduire la plante en bouillie ou de l’humidifier avec de l’eau chaude si elle est sèche.

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G. Donguy (4)

Dans le même Esprit, vous réhabilitez les infusions (chaudes ou froides, à usage interne mais aussi externe !) et les décoctions (vous donnez aussi l’astuce pour associer infusion et décoction de façon rapide et pratique). Bien sûr pour cela il faut idéalement avoir ses propres stocks de plantes fraiches ou sèches. Cela dit, que penser des infusions toutes prêtes (sachets) que l’on trouve soit en pharmacie, soit en magasin bio ? Quels seraient les critères gages de qualité et d’efficacité de ce genre de produit ?

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Christophe Bernard

Je ne suis pas partisan des sachets ou « infusettes » car l’eau chaude circule mal au travers de la plante dans cet environnement compressé.

Le gage de qualité et d’efficacité doit être basé sur un test de goût. Une infusette d’hysope donne-t-elle le même parfum mentholé et camphré qu’une infusion faite à partir de la plante en vrac ? Une infusette de racine de valériane, si cela existe, donne-t-elle ce même goût et parfum caractéristique de la valériane ? Pour cela, il faut rebâtir une expérience, réapprendre à connaître la plante. Et la meilleure façon de faire cela est de retourner à la plante en vrac. Il nous reste quelques herboristeries de renom comme celle de Michel Pierre à Paris, celle du Père Blaize à Marseille, l’herboristerie Corjon à Grenoble, et d’autres listées sur mon site. J’ai rarement été déçu en achetant les plantes en vrac chez eux. De plus, certaines pharmacies peuvent aussi faire venir des plantes en vrac de qualité pour ceux intéressés.

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G. Donguy (5)

Sirops, pastilles, gélatines, usage du vinaigre, onguent, lotions… sont aussi au menu de votre ouvrage. Il y a donc déjà de quoi faire… ! Envisageriez-vous cependant un opus consacré aux vins médicinaux ?

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Christophe Bernard

Cette question tombe à pic ! C’est le sujet de mon prochain livre : «Vins médicinaux et élixirs : recettes naturelles de mon herbaliste ». Il sera disponible fin mai. J’avais effectivement envie de prendre un tournant plus ludique, de proposer des préparations ayant à la fois des propriétés gustatives sympathiques mais nous permettant aussi de renouer un lien avec la plante d’un point de vue thérapeutique.

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G. Donguy (6)

Vous allez proposer très prochainement une formation complète d’Herbaliste. Quelles seront les modalités et les points forts de cette formation ?

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Christophe Bernard

La formation va démarrer 100% en ligne sur mon site. Les cours se feront sous format vidéo avec une grande partie interactive au travers de groupes de discussion et de webinaires. Une fois que la formation en-ligne sera terminée, je la donnerai peut-être aussi sur place dans le Vaucluse, je n’ai pas encore tranché sur ce sujet.

Le premier module sera un module d’introduction et de fondation nécessaire pour la compréhension des autres modules – constituants des plantes, propriétés, dosages, etc. Les modules suivants seront consacrés aux différents systèmes d’organes et leurs déséquilibres.

Pour les points forts :

  • Je suis thérapeute et les plantes sont mon outil principal. Je considère donc avoir une certaine légitimité d’expérience, que je vais partager généreusement dans le contexte de la formation.
  • Mon originalité est, je pense, d’avoir développé une expertise de la graine au produit fini. Je peux vous parler de culture de plantes médicinales, de leur ramasse dans le sauvage, de leur transformation, et de leur utilisation détaillée.
  • Je suis conférencier, j’écris pour des magazines spécialisés et j’ai écrit deux livres sur les plantes. Je suis très actif sur mon blog. J’ai donc l’habitude de communiquer, de présenter, et d’éduquer et surtout – j’aime cela ! Ce n’est pas difficile de tout donner lorsqu’un métier est aussi une passion.

Les personnes intéressées auront la possibilité de « tester » le premier module à l’automne afin de voir si elles seront intéressées par les autres.

 

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Pour en savoir plus sur les activités de Christophe BERNARD

www.altheaprovence.com

Gilles Donguy

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