Les Huiles Essentielles : s’y retrouver!

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Un article de Gilles DONGUY

Dernière minute : « Parcours d’un aromatologue Malgache« 

 

Les huiles essentielles ont le vent en poupe, et l’aromathérapie (l’aromatologie diront certains!) fait partie intégrante de l’arsenal naturopathique. On peut même dire que c’est l’artillerie lourde des naturopathes, pour accompagner certains troubles de santé (référés au médecin traitant il va de soi) : immunité, états infectieux, inflammations, etc. Leur puissance n’a d’égale que leur complexité, tant dans leur composition, leurs déclinaisons que parfois dans leur mise en oeuvre…Alors, comment s’y retrouver ?

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Définition essentielle

Les huiles essentielles (H.E.) sont des extraits concentrés de parties  de plantes aromatiques (feuilles, sommités fleuries, zestes, rhizomes,…). On distingue 3 grands procédés d’extraction:

  • La distillation à la vapeur d’eau (pour la grande majorité des plantes)
  • Le pressage mécanique à froid (pour les zestes d’agrumes notamment)
  • L’enfleurage dans un corps gras, surtout en parfumerie, pour les fleurs fragiles (pétales de rose par exemple)

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Le produit de ces extractions est ensuite conditionné sous forme de gélules, de solutions, de pommades, suppositoires, etc. Si l’on considère les choses à partir de la distillation, l’Huile Essentiele dans sa forme la plus brute est généralement la partie surnageant dans le vase florentin, la partie plus dense constituant l’eau florale (c’est une autre histoire!)

Il est bon de rappeler à ce stade, que les H.E sont d’un emploi délicat (un mésusage peut s’avérer dommageable (toxicité) pour la santé!), et qu’il convient de se référer aux conseils d’un thérapeute ou pharmacien compétent en la matière, et/ou de suivre scrupuleusement les indications d’un ouvrage sérieux (écrit par des experts) sur le sujet.

Bien, reste à voir quelles sont les propriétés de ces H.E et l’origine, l’explication des dites propriétés…

 

Presques toutes…

En vertu de leur composition biochimique complexe (souvent des dizaines de substances associées), presque toutes les H.E. sont anti-infectieuses, d’une façon ou d’une autre, exemples :

  • L’Origan compact, le Thym à thymol et le Giroflier sont anti-bactériennes
  • L’Eucalyptus radié, le Ravintsara, le Niaouli ou encore le Saro  sont anti-viral
  • Le Tea Tree est, entre autres, anti-fongique

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Mais en fait la plupart des ces H.E sont polyvalentes sur le plan infectieux! Cela dit, bien d’autres propriétés sont l’apanage des H.E, exemples : anti-inflamatoires articulaires (Gaulthérie), antispasmodiques (Khella). Au moins une cinquantaine de propriétés thérapeutiques sont imputables aux H.E!

Mais alors, à quoi sont dues ces actions puissantes des H.E. ? Les biochimistes nous indiquent que cela est fonction de leur proportion en diverses molécules actives, classées en grandes familles aux noms barbares : terpènes et terpénoides, oxydes (dont le fameux 1.8 cinéole ou eucalyptol), alcools, esters, aldéhydes, phénols (eugénol, thymol, carvacrol)… Ces derniers (Cf. H.E. de thym, origan, sarriette) sont notamment des anti-infectieux majeurs.

Il nous faut ensuite comprendre qu’au sein d’un même genre, les espèces (leur H.E. s’entend ici) peuvent présenter des propriétés distinctes. Prenons le cas des Eucalyptus : l’Eucalyptus globuleux est notamment expectorant, anticatarrhal et antibactérien (indiqué dans les problèmes ORL) tandis que l’Eucalyptus citronné est antispasmodique et anti-inflammatoire (indiqué dans les arthrites, les tendinites, certaines démangeaisons).

Et la où les choses se corsent, c’est que non seulement les H.E sont généralement composées de plusieurs familles de substances biochimiques, mais qu’au sein d’une même espèce cette fois-ci, peuvent se décliner des proportions différentes des composés phytochimiques, selon l’origine géographique, la nature du sol, etc. : c’est la notion de chémotype.

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Un drôle de type ce chémo!

Le chémotype de l’H.E  d’une plante correspond donc à la présence en quantité significative d’un composé biochimique, qui lui confère ses propriétés particulières.

Pour le Romarin (Rosmarinus officinalis) par exemple (sommités fleuries), on distingue 3 chémotypes (CT), les voici en évoquant brièvement leurs indications :

  • Le Romarin à Cinéol (Romarinus officinalis CT Cinéole) : Indiqué dans les problèmes ORL
  • Le Romarin à Verbénone (Romarinus officinalis CT Verbénone) : tropisme hépatique
  • Le Romarin à Camphre (Romarinus officinalis CT Camphre) : problèmes musculaire

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Le Thym est un autre exemple dont l’H.E présente des Chémotypes (Thym à Thymol, Thym à Géraniol)

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Et maintenant, comment on les utilise ?

On va maintennat considérer l’emploi des ces H.E dans leur état liquide (bref l’huile essentielle que l’on trouve en flacons) ou en gélule. Plusieurs options sont à considérer :

  • Utilisation d’une H.E. seule.
  • Utilsation d’un mélange d’H.E à faire soi-même ou à faire réaliser par le pharmacien.
  • Utilisation de spécialités en aromathérapie.

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Commençons par l’usage en solo!

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En solo

Certaines H.E se prètent particulierement  à un usage en solo, et il peut-être salutaire d’en disposer  d’un flacon de chaque à la maison! Quelques grands classiques avec un exemple d’usage en application externe (pour plus de précisions, se référer à l’un des ouvrages que je cite plus loin) :

  • H.E de Menthe poivrée : utile pour soulager les douleurs, notamment les maux  de tête : 1 à 3 gouttes sur les tempes et sur le front  (attention aux yeux!)
  • H.E d’Arbre à thé (Tea tree) : incontourbable, antibactériene à large spectre, antivirale. Pour un bouton d’Herpes labial, bagigeoner avec un coton tige imprégné de 2 à 3 gouttes de Tea tree plusieurs fois par jour.
  • H.E Gaulthérie couchée : antalgique, anti-inflammatoire, antispasmodique, c’est l’H.E type pour soulager les douleurs musculaires, les tendinites et autres rhumatismes! En application externe diluée à 20 % dans une huile végétale.

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Citons encore (se référer aux ouvrages pour les applications) l’Hélicrhyse italienne (hématomes), le Basilic (digestif), etc.

Vous  constatez que l’on peut utiliser une H.E pure (applicaiton externe surtout), ou bien diluée dans une huile végétale : donc bien prendre en compte les modalités d’usage pour chacune de ces H.E!

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En partenariat!

C’est là que ça se complique : il existe en effet des centaines si ce n’est des miliers de formules de mélanges d’huiles essentielles! Et d’un ouvrage à l’autre ce ne sont en général pas tout à fait les mêmes formules qui sont proposées pour une pathologie donnée! Bon, l’essentiel (!) c’est le principe qui prévaut derrière la dite formule, de par la synergie des différentes H.E associées. Cela dit ces mélanges peuvent être fait « Maison » ou par le pharmacien (en général pour des gélules ou des suppositoires).

Les mélanges maison : la plupart des livres grand public sur les H.E proposent des formules où l’on associe un certain nombre de gouttes (ou de ml) de diverses Huiles Essentielles avec (ou pas) un certain nombre de ml d’une huile végétale. Cette approche est surtout cantonée  à des formules pour applications externes. Voici l’exemple d’une formule pour, au hasard…un état grippal (lol!) :

H.E. Ravinstsara         60 gouttes

H.E. Laurier noble       60 gouttes

H.E. Niaouli                  60 gouttes

Huile végétale              12 ml

Appliquer 3 gouttes du mélange sur le thorax, idem sur le dos.

C’est relativement facile à faire soi-même; si ce n’est qu’il faut avoir une aromathèque bien fournie et/ou acheter plusieurs H.E. en même temps…et tout le monde ne se sent pas l’âme d’un préparateur de formule en herbe…

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Les préparations par le pharmacien : il s’agit d’une formule établie pour un conditionnement en gélule (ou en suppositoire). Restons-en à notre exemple du syndrome grippal, avec ici les H.E de Ravintsara, Tea tree, Giroflier et Origan compact (AA = Autant de l’un que de l’Autre, QSP = Quantité Suffisante Pour) :

H.E. Cinnamomim camphora    │

H.E. Melaleuca Alternifolia        │   AA QSP 100 mg

H.E. Eugenia caryophyllus        │

H.E Origanum Compactum       │

Excipient TIXOSIL  QSP 1 gélule à 250 mg

Prendre 2 gélules matin et soir avant les repas.

C’est bien sûr plus pratique au sens où l’on a pas besoin d’avoir les H.E chez soi, et le pharmacien peu ici jouer le rôle de garde-fou. Mais cela demande un minimum de connaissance des conventions de la galénique des H.E, et un ouvrage ou des resssources spécifiques à  ce genre de formules. Votre pharmacien, donc, est en principe à même de vous préparer (ou faire préparer) la formule de votre choix. Le cas échéant, vous pouvez commander à distance au sein de certaines pharmacies rompues à cet exercice, comme la Pharmacie de la Croix-Blanche à Dijon par exemple.

On peut bien sûr être perplexe devant la multitude de formules disponibles dans les ouvrages spécialisés, internet, etc.

Aussi à  ce  stade, je me permet une petite réflexion : en Pharmacopé Chinoise (au passage la Chine est un gros producteur d’H.E.!), il existe aussi bien des formules notamment à base de plantes, mais chacune de ces formules est gratifiée d’une appellation spéficique et universelle, souvent poétique ou explicite, exemple : « Décoction des 4 gentilshommes » (Si Jun zi Tang) est une formule reconstituante et tonifiante…

Il serait intéressant d’avoir ce genre de référence pour des formules éprouvées, par exemple pour une formule type qui lutterait contre le COVID 19, traduisez « COronaVIrus Disease 2019 » (au hasard bien sûr!), on pourrait avoir « Corona Destroy » ou son équivalent en latin… Fin de la parenthèse lol!

En prime voici une info communiquée par mon ami Didier RAMIANDRASOA dans le cadre de la parution de son livre  « Parcours d’un aromatologue Malgache » édité chez Edilivre : en Annexe 25 page 250,  les solutions en Aromathérapie contre les infections virales et antibactériennes de la sphère respiratoire sont bien développées

Cela dit, certains fabriquants propose des mélanges tout prêts d’H.E, souvent avec un nom de formule, mais cette appellation plutôt commerciale est spéfifique au laboratoire concepteur…Voyons ce qu’il en est au chapitre suivant.

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Les spécialités

Certains laboratoires proposent donc des formules clefs en main, avec une gamme de produits couvrant en général un spectre de plusieurs types de pathologies. Je vous propose d’en découvir 3 (parmi d’autres bien sûr!)

Commençons avec PRANAROM : sur le site du labo, vous trouverez une pages sur « Les produits finis ».On y trouve entre autres les produits de la gamme Oléocaps :

L’Oléocaps N° 4 par exemple est indiqué pour renforcer le système immunitaire.

Je ne peux bien sûr passer sous silence les produits du Dr VALNET (Cosbionat), que l’on trouve facilement en magasin bio ou en pharmacie.

Vous trouverez dans la gamme le célèbre Climarome, un décongestionnant des voies repiratoires certes utile par les temps qui courrent…

Sans oublier enfin les produits de mon collègue et ami Alain TARDIF, disponible au sein de ses boutiques ACEROLA (en ligne aussi), et en l’occurence je ciretai la gamme des AROMATRIPLEX :

AROMATRIPLEX Immunitaire par exemple, dont je vous laisse deviner (facile n’est-ce pas!) les indications!

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Deux pavés dans la marre !

Et oui, il est temps de modérer notre enthousiasme (par pour longtemps cependant…), car je me dois d’être exhaustif sur le sujet autant que faire se peut! Voyons ces bémols…

Bémol 1, considérons tout d’abord le point de vue du grand Naturopathe Grégoire Jauvais (que je salut au passage!). Ce dernier considère que les H.E telles que classiquement préparées sont quasi toutes toxiques et inappropriées, surtout par voir orale. Je l’ai déjà interviewé à ce sujet, je vous renvoie à l’article correspondant. Disons sommairement que Grégoire Jauvais préconise les H.E sous forme Hydrosolubilisées (selon un processus de son invention), voici un lien permettant de se faire une idée précise de ce concept, nommé Vitaromathérapie :

La nocivité de l’aromathérapie classique

Quel crédit apporter à ces considérations ? Certes les H.E. sont potentielement toxiques, mais comme disait l’autre Celse (Para!) : « C’est la dose qui fait le poison« . D’autre part il serait intéressant d’avoir l’avis à ce sujet de grands experts actuels sur les H.E. (PENOEL, FRANCHOMME,…) qui on donné leur lettres de noblesse à cette aromathérapie classique…

Et enfin, hélas, ces H.E hydrosolubilisées ne sont pas sur le marché…ou tout au plus elles sont utilisées comme stabilisants dans les Compléments alimentaires crus de NOVA’DYN. On serait certes preneur, vu que sous forme Hydrosolubilisées, les H.E. garderaientt leur potentiel thérapeutique, mais avec un risque toxique réduit…

Bémol 2, venons-en maintenant au point de vue des Autorités Sanitaires (dont je salut la promptitude à bien faire passer les messages de précautions essentielles en cette période de pandémie!), et le giron de labos et médecins ou professeurs associés. les H.E ? Mais non, aucune efficacité contre les virus voyons, nous disent t-ils d’un air condescendant voir amusé!

On a vu ça à la télé, avec à la sortie de la pharmacie une cliente lambda qui se sentait bien naivement protégée avec son produit aux H.E…

On aimerait que les grosses pointures de l’Aromathérapie leur donne la réplique aux médecins « sceptiques »…mais ceux-là , on ne les invite jamais dans les médias « officiels », naturellement…. Bon donc, les H.E serait quasi de la poudre de perlimpinpin face au virus…

Evidement, la virulence du SARS-Cov-2 ne permet pas de garantir que les approches naturelles associées aux gestes barrières et au confinement protègent du COVID-19 à 100%, nul n’est à l’abri. Mais dans ce contexte, les H.E. ont leur utilité tant en  prévention qu’en  stratégie de traitement en cas de forme légère de la maladie (les cas graves relèvent bien sûr de l’hospitalisation). Je vous renvoie à mon article précédent sur le sujet…

Ceci dit, on a pourtant pas attendu les études scientifiques modernes pour identifier les propriétés anti-virales de certaines H.E par exemple! De toute façon, l’aromathérapie n’intéresse pas le lobby des grands laboratoires pharmaceutiques fourvoyeurs de molécules chimiques brevetables (certes utiles dans certains cas!), c’est pas rentable… Et donc les publications scientifiques sur les H.E sont largement et sciement ignorées ou minimisées par la médecine « officiele ». Et pourtant, il y en a, exemples sur ScienceDirect :

Aussi, au lieu de faire la politique de l’autruche dans ce domaine, les Autorités Sanitaires et Médicales devraient au contraire s’ouvrir à un contexte de Médecine intégrative, où toutes les options (allopathie, médecines naturelles, dont l’aromathérapie) ont leur place! C’est déjà un peu le cas dans certaines cliniques et C.H.U en France…

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Quelques ouvrages à se mettre sous le nez!

Il existe de nombreux ouvrages disponibles sur le sujet, des plus « grand public » aux plus érudits, voici une sélection, des plus simples au plus savants  :

Et tout dernièrement paru :

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Voilà, prenez soin de vous, pensez au gestes barrières (ça doit devenir automatique!) et restez confinés avec quelques bons livres sous la main!

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Gilles DONGUY

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5 commentaires

  • Boitel Janine

    Très bon résumé. Merci Gilles.

  • En Annexe 25 page 250 du livre « Parcours d’un aromatologue Malgache » de Didier RAMIANDRASOA, édité chez Edilivre les solutions en Aromathérapie contre les infections virales et antibactériennes de la sphère respiratoire sont bien développées
    ACTUALITE OBLIGE !

  • Bonjour Gilles, bravo pour cet article, merci !

  • Aperçu très éclectique sur les huiles essentielles GRAND merci Gilles. Un principe de soins plus que deux fois millénaire devrait nous interpeller. Les virus (petites bestioles changeantes tout au long de l’évolution) se montrent sous plusieurs facettes…(et les P4 en savent quelque chose)..depuis l’épopée des momies égyptiennes. A cette époque les H.E étaient des reines dans la pharmacopée..! et L’actualité pathologique nous incite aujourd’hui à ne pas les oublier. N’en déplaise aux argumentateurs de BIG PHARMA. Comme disait BAZILE dans le Barbier de séville: « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose! ».En quelques lignes seulement tu nous replaces cette thérapie dans ses grandes fonctions. et je suis sur qu’elle n’a pas dit son dernier mot ; tant la chimie de synthèse devient pour nous tous, plus une épreuve qu’un soin. Bien sur , elle conserve sa place et tu le rappelles fort bien, mais cette place arrive après, après, après les molécules naturelles qui entretiennent la VIE..! tout en soignant AUSSI. Bref, ton article est parfaitement  »Huilé » Merci encore. A.G

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